Gouvernement ouvert dans l'éducation : les enseignements du Programme « Jeunes Auditeurs » au Pérou

Cette étude de cas analyse la manière dont le Programme « Jeunes Auditeurs » élaboré par le Bureau du contrôleur général du Pérou est mis en œuvre dans les écoles publiques, comme un mécanisme visant à encourager la participation démocratique et le contrôle citoyen par les élèves de l'enseignement de base. Il permet également d’impliquer les élèves dans l’amélioration et la surveillance des services éducatifs.

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L'objectif du programme « Jeunes auditeurs » est d'encourager la participation des élèves du secondaire aux audits des écoles pour un contrôle citoyen et le développement d'une culture de l'intégrité. Ces audits ont porté sur l'éducation et les services publics, ce qui a généré une large participation sans discrimination des étudiants à cette activité. En conséquence, entre 2010 et 2021, 961 922 jeunes auditeurs dans tout le pays y ont participé, ce qui a donné lieu à 559 000 audits concernant les écoles. Il est à noter que le recours à la modalité virtuelle depuis le début de la pandémie de Covid-19, n’a entravé ni la couverture géographique, ni le champs du programme, mais a au contraire favorisé leur développement.

Ce programme comporte six étapes de mise en œuvre : sensibilisation, planification, exécution, préparation et présentation du rapport d’audit, communication des résultats et suivi. Ces étapes ont été réalisées selon des modalités tant présentielles que virtuelles, et ont été développées en collaboration mutuelle et avec une communication fluide entre les acteurs impliqués, dans le respect des niveaux hiérarchiques et sans conflits majeurs.

Les personnes interrogées pour cette étude reconnaissent que ce programme encourage la participation sans discrimination, la collaboration, il contribue à la modernisation de l'État et favorise la transparence.

Lors de la mise en œuvre du programme, certains problèmes ou défis sont apparus : les conditions socio-économiques de certains élèves qui les obligent à abandonner l'école, la culture organisationnelle de certains établissements d'enseignement, un manque de planification optimale pour respecter l’agenda, et des problèmes d’accès à internet dans plusieurs régions.

L'étude conclut que la manière dont le programme a été conçu – bien qu’il n’ait pas été explicitement élaboré comme une politique de gouvernement ouvert dans l'éducation – repose en pratique sur les trois piliers de ce qui constitue un gouvernement ouvert, à savoir : la transparence, la participation et la collaboration.

Recommendations choisies

  1. Approfondir les mécanismes de coordination avec le ministère de l'Éducation.
  2. Organiser des ateliers virtuels pour en savoir plus sur les impressions des élèves sur les audits réalisés dans le cadre du Programme, en plus spécifiquement sur les audits virtuels.
  3. Mettre en place des activités de diffusion afin que les élèves de différentes écoles voient que leurs recommandations sont prises en compte, et encourager une plus grande participation de la société civile et des parents.
  4. Encourager le développement de plateformes virtuelles permettant une plus grande diffusion des chiffres, des rapports et des résultats du Programme, ainsi que leur meilleure accessibilité par les élèves et les parents.
  5. Mettre en œuvre une politique de suivi de certaines écoles qui, en raison de problèmes d'organisation interne engendrés par des changements de personnel enseignant ou de chef d’établissement, n'ont pas pu mettre en œuvre le programme efficacement, ou n'ont pas reçu la formation nécessaire. .

En savoir plus

Vous pouvez télécharger la publication en espagnol ici.

À propos de l'auteur

Marco Antonio Vélez Fernández est sociologue, consultant et chercheur dans les domaines de l'éducation à la démocratie, de la société civile et de la participation des citoyens, des relations entre civils et militaires et des politiques de sécurité. Ses recherches sur ces sujets ont été publiées dans des revues de défense des droits de l'homme et de la Pontificia Universidad Católica del Perú.

Ce rapport porte sur l’une de six études de cas sur les initiatives de gouvernement ouvert commissionnées par l’IIPE et réalisées également en Colombie, en Ukraine, en Inde, à Madagascar et au Portugal. Il s’inscrit dans le projet de recherche global de l’IIPE « Gouvernement ouvert : retours d’expérience ».

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