Comités de gestion scolaire : vers un gouvernement ouvert dans l’éducation en Inde

Cette étude porte sur l’efficacité des comités de gestion scolaire (CGS), outil de participation communautaire, s’agissant d’encourager la transparence, de favoriser la mobilisation citoyenne et de renforcer la redevabilité dans l’éducation en Inde.

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En Inde, après cinquante ans de politiques publiques au service de la décentralisation de l’éducation, on assiste à un essor des initiatives relatives au gouvernement ouvert dans le secteur de l’éducation. Les structures de gestion dans les établissements scolaires, notamment, ont été renforcées sous la forme des comités de gestion scolaire (CGS), qui font l’interface entre les écoles et les communautés qu’elles servent.

Cette étude analyse la contribution que cette participation communautaire dans l’éducation, par l’intermédiaire des CGS, peut apporter à la mise en œuvre de la loi de 2009 sur le droit à l’éducation. À cette fin, une cinquantaine d’études portant sur le fonctionnement des CGS en Inde ont été passées en revue dans une perspective critique en fonction de trois grands paramètres de l’éducation ouverte : la transparence, la mobilisation citoyenne et la redevabilité.

L’objectif est que tous les groupes, et notamment les catégories défavorisées, aient voix au chapitre pour défendre les besoins éducatifs propres à leurs enfants.

Dans l’ensemble, l’autrice salue les nombreuses initiatives qui ont été mises en place pour élargir, par l’intermédiaire des CGS, l’éducation ouverte en Inde. Elle souligne cependant que la contribution des structures de gestion dans les établissements scolaires doit s’inscrire dans la durée pour être véritablement utile. L’étude indique notamment que les membres des CGS eux-mêmes sont souvent peu au fait de leur rôle et de leurs responsabilités, qu’ils ne participent que peu aux activités de l’établissement et que leur formation est lacunaire.

En conclusion, la chercheuse recommande de donner la priorité au renforcement des capacités des membres des CGS en matière de budgétisation ouverte et de contrôle des finances scolaires, de supervision des activités académiques et de prise en charge des besoins développementaux et pédagogiques des enfants issus de milieux défavorisés. En outre, elle préconise un changement sociétal sur le long terme, en vertu duquel on améliorera les connaissances, les compétences et les aptitudes des franges défavorisées de la population et des femmes représentées par les CGS, la communauté aura le sentiment de gagner en autonomie et les écoles rendront des comptes à la communauté.

Recommandations choisies

  1. Garantir la transparence et la redevabilité dans la constitution des CGS de sorte qu’ils soient structurés de manière démocratique et qu’ils représentent les catégories défavorisées de la population
  2. Donner aux membres des CGS la possibilité de renforcer leurs capacités afin qu’ils disposent des compétences nécessaires pour contribuer à la budgétisation ouverte, au contrôle des finances scolaires et à la supervision des activités académiques
  3. Mieux équiper les membres des CGS et les autres parties prenantes en renforçant leurs connaissances en matière de prise en charge des besoins développementaux et pédagogiques des enfants issus de milieux défavorisés, afin de fournir à tous une éducation équitable et de qualité
  4. Former les membres des CGS et les enseignants aux droits de l’enfant, particulièrement aux droits des filles, des musulmans et des Dalits (« intouchables »), et renforcer les connaissances des pouvoirs publics locaux en matière de voies légales en cas de violation des droits de l’enfant
  5. Autonomiser davantage les membres des CGS pour veiller à ce que les écoles doivent rendre compte de l’éducation de leurs élèves

En savoir plus

Pour partager ces recommandations et discuter des principales conclusions de l’étude avec les acteurs concernés, y compris des chercheurs, décideurs, fonctionnaires et représentants de la société civile, l’IIPE organise avec NIEPA un webinaire de lancement qui aura lieu le 6 décémbre 2021. Date à confimer.

À propos de l’auteur

Sunita Chugh est titulaire d’un doctorat en éducation de l’université Jamia Millia Islamia et occupe aujourd’hui le poste de professeure au NCSL de NIEPA. Ses travaux de recherche portent notamment sur l’éducation des catégories urbaines marginalisées, les équipes de direction des écoles, les partenariats avec les parties prenantes, et le droit à l’éducation et son application. Elle a publié des documents de recherche dans des revues réputées sur l’éducation des groupes défavorisés et sur les équipes de direction des établissements scolaires dans le contexte indien.

Ce rapport porte sur l’une de sept études de cas sur les initiatives de gouvernement ouvert commandées par l’IIPE et réalisées en Colombie, en Ukraine, en Inde, à Madagascar, au Pérou, au Portugal et aux États-Unis. Elle s’inscrit dans le projet de recherche global de l’IIPE « Gouvernement ouvert : retours d’expérience ». 

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