12.11.2014

Transparence et lutte contre la corruption dans l'éducation en RDC

Du 12 au 14 novembre 2014, l’IIPE a animé un atelier à Kisantu (Bas-Congo), sur le thème de la « Transparence et la redevabilité dans le secteur de l’éducation en République démocratique du Congo » (RDC). Organisé par le Centre de ressources anti-corruption U4 et l’Ambassade de Belgique en RDC, il a rassemblé une quarantaine de participants, issus à la fois du secteur public, de la société civile, et des partenaires au développement*.
Prenant acte des différentes réformes/mesures entreprises au cours des dernières années pour réformer le secteur de l’éducation, tant en matière de financement, que de gestion du personnel enseignant ou de systèmes d’information, cet atelier s’est fixé essentiellement pour objectifs de :
  • cartographier les principaux domaines affectés par la corruption dans le secteur éducatif congolais ;
  • élaborer un plan de suivi relatif à l’enquête de traçabilité des dépenses (ESDD) réalisée récemment ;
  • débattre des recommandations de l’audit des enseignants mené par la Cour des comptes du pays ;
  • esquisser le contenu et un plan de développement d’un code de conduite des enseignants en RDC ;
  • réfléchir sur les mérites et limites d’une stratégie sectorielle de lutte contre la corruption dans l’éducation.
Le dialogue tripartite a permis de formuler des propositions concrètes de suivi, notamment :
  • standardiser les procédures de gestion des ressources au niveau des écoles et veiller à l’application des textes réglementaires ;
  • procéder à un recensement de tous les enseignants par un organisme indépendant ;
  • afficher la liste des enseignants payés par le SECOPE (Service de Contrôle et de la Paie des enseignants) sur internet;
  • publier chaque trimestre un annuaire des enseignants par province éducative ;
  • augmenter le nombre de points de paiement des salaires des enseignants et sécuriser les transports de fonds ;
  • afficher les frais scolaires et la clé de répartition afférente ;
  • assortir les conclusions de la Cour des Comptes de sanctions en cas de mauvaises pratiques avérées ;
  • revoir la composition et le fonctionnement des COPA (comités de parents d’élèves) et des COGES (comités de gestion scolaire), et renforcer les capacités de leurs membres ;
  • organiser des sessions de formation pour les membres des associations de parents d’élèves et d’organisations syndicales ;
  • impliquer enseignants, parents, et élèves dans l’élaboration d’un code de conduite, et organiser des tribunes d’expression populaire sur ce thème avec l’aide de l’OCEP ;
  • sensibiliser les citoyens à l’importance d’une gestion transparente des ressources via des émissions de radio et de télé ;
  • organiser en réseau les acteurs de la lutte contre la corruption.
Tous les participants ont reconnu que la transparence et la lutte contre la corruption étaient « l’affaire de tous ». Ils se sont engagés à poursuivre la discussion sur chacun des points listés ci-dessus, notamment dans le cadre du Comité de concertation (ComCon) de l’EPSP. Ils ont admis également la nécessité d’évaluer les effets de toute nouvelle mesure sur l’intégrité de l’ensemble du système.
* L’atelier a réuni des représentants du Ministère de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP), du SECOPE, du SERNIE, de l’Inspectorat Général, de la Cour des Comptes, de l’Observatoire du Code d’Ethique Professionnelle (OCEP), des syndicats enseignants, des associations de parents, des ONGs (notamment la FAWE, la Coalition nationale de l’EPT, la Ligue Congolaise de Lutte contre la Corruption, et Transparency International Cameroun), ainsi que des partenaires au développement (Ambassade de Belgique, Banque mondiale, DFID, USAID, UNICEF, et UNESCO).