16.04.2019

Information et transparence : tableaux de bord des écoles en Afrique subsaharienne

Une nouvelle publication de l’IIPE-UNESCO examine l’utilisation et l’impact des tableaux de bord des écoles en Afrique subsaharienne pour promouvoir la transparence et la responsabilité et faire barrage à la corruption.

Un tableau de bord d’école présente les données clés de l’établissement : nombre d’élèves et d’enseignants, financements, installations et manuels et, afin d’assurer le suivi des apprentissages, résultats des examens. Publié en ligne ou sur des panneaux d’affichage, ce tableau de bord aide les utilisateurs d’un système scolaire à acquérir une meilleure compréhension de leurs droits et à les défendre.

Avec l’appui financier du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, l’ouvrage passe en revue 21 initiatives menées dans 13 pays d’Afrique subsaharienne. Également disponible en anglais, il apporte des précisions sur les lieux où elles ont été engagées, leur efficacité et les facteurs indispensables au contrôle efficace du flux de ressources humaines, financières et matérielles. La publication repose sur un examen approfondi de la documentation disponible sur le sujet, enrichi de l’apport des responsables de sept projets de tableaux de bord menés dans des pays africains anglophones et francophones.

Qu’est-ce qu’un tableau de bord d’école ?
Un tableau de bord d’école désigne tout système permettant de rendre publiques une série de données agrégées spécifiques à une école donnée. En Afrique subsaharienne, ce sont souvent les bailleurs de fonds ou les organisation non gouvernementales locales ou internationales qui sont à l’origine de ce type d’initiatives.

L’ouvrage présente deux approches différentes des tableaux de bord des écoles. La première suit un modèle administratif, où un ministère ou un autre organisme public publie les données propres aux écoles sur un panneau d’affichage public ou sur Internet. Les données sont certes ouvertes, mais la communauté scolaire ne sait pas toujours comment les utiliser efficacement après les avoir consultées. La seconde approche est un modèle participatif : les tableaux de bord sont alors généralement initiés par la société civile et utilisés comme outil de dialogue avec la communauté scolaire au sens large. Dans le cadre de cette approche collaborative, le public dans son ensemble est encouragé à utiliser les données pour influencer l’allocation et l’utilisation des ressources publiques.

« Tout le défi consiste à progresser vers un modèle hybride, empruntant à ces deux approches », explique Muriel Poisson, coordinatrice de la recherche de l’IIPE sur les données ouvertes et les écoles. « L’objectif est d’améliorer l’accès à ces données au niveau des pays tout en encourageant les communautés à se les approprier et en renforçant leurs capacités à les utiliser en vue d’améliorer le système scolaire local. »

La publication passe en revue les tableaux de bord des écoles ayant débouché sur des évolutions positives, que ce soit au niveau des systèmes d’information pour la gestion de l’éducation (SIGE) d’un pays, de la gestion des écoles, des pratiques pédagogiques, des résultats d’apprentissage, de la supervision ou encore de la mobilisation de la communauté, de l’absentéisme des enseignants et du signalement des cas de corruption. Elle explique comment ces améliorations sont très largement liées à la manière dont les tableaux de bord sont conçus et mis en œuvre.

La conclusion de l’ouvrage est sans équivoque : le fait de rendre publiques les ressources d’une école au moyen d’un tableau de bord accessible à la communauté scolaire (chefs d’établissement, enseignants et familles) donne aux citoyens un puissant outil pour accroître leur capacité de contrôle du transfert et des dépenses de fonds publics. Les responsables politiques trouveront également à la fin de la publication des recommandations sur les moyens de mieux intégrer le contrôle de la corruption dans l’utilisation des tableaux de bord des écoles.

Cet ouvrage est la dernière publication en date dans le cadre du programme de recherche de l’IIPE sur l’éthique et la corruption dans l’éducation. Le principal objectif de ce programme est d’améliorer le processus décisionnel et la gestion des systèmes éducatifs en intégrant les questions de gouvernance et de lutte contre la corruption dans les méthodes de planification et l’administration globale de l’éducation, tant dans les pays en développement que les pays industrialisés. D’autres publications de la série portent plus spécifiquement sur le financement des écoles, les mesures incitatives en faveur des populations pauvres, les codes de conduite des enseignants, la production et la distribution de manuels et la fraude académique.

Télécharger l’ouvrage sur les tableaux de bord des écoles.