L’importance de la gouvernance

Un nouveau rapport de la Banque mondiale montre que la gouvernance est essentielle au développement

06/03/2017 | News

Selon le Rapport sur le développement 2017 de la Banque mondiale, le succès des réformes en vue du développement est fortement influencé par les structures de gouvernance locales, c'est-à-dire la façon dont les acteurs étatiques et non étatiques interagissent pour décider des politiques. Le rapport recommande aux décideurs politiques de tenir compte des systèmes de gouvernance, et en particulier des asymétries de pouvoir dans l'arène politique, lors de la conception des réformes.

En mettant l'accent sur le secteur de l'éducation, le rapport suggère que le soutien d’acteurs puissants est essentiel pour la réussite de la mise en œuvre d’une réforme. La position des syndicats d'enseignants, par exemple, est souvent cruciale pour le succès d’une réforme de l’éducation. Dans le domaine du développement, les décideurs politiques devraient impliquer les acteurs clés dans leur stratégie. La diffusion de l’information publique auprès de la population d’un pays sur la (faible) qualité de l'éducation, par exemple, peut inciter fortement les acteurs clés - tels que les décideurs et les enseignants - à devenir partisans d'une réforme. Les actions menées par les citoyens en Inde (ASER Centre) et en Afrique de l'Est (Uwezo), par exemple, suivent cette logique en publiant des résultats d'apprentissage afin de sensibiliser le public aux faiblesses du système éducatif.

Le rapport souligne également l'importance de la gouvernance pour les politiques luttant contre la corruption. Dans ce contexte aussi, si les élites ne respectent pas les lois anticorruptions, les réformes seront difficiles à appliquer à l’ensemble de la population. Encore une fois, l’accès à l’information peut s'avérer un outil puissant pour traiter les asymétries de pouvoir et encourager les acteurs centraux à appliquer des mesures contre la corruption. La diffusion de l’information peut améliorer la gouvernance par une responsabilisation accrue des élites et la contestabilité du processus décisionnel. De telles interventions peuvent réduire les gains des fonctionnaires corrompus et créer les incitations nécessaires pour que les parties prenantes obéissent aux mesures anticorruption.

Le rapport insiste sur le fait que l’élaboration des réformes du développement basée uniquement sur les «meilleures pratiques» ne suffit pas pour aboutir au résultat souhaité. Au lieu de cela, des politiques efficaces doivent prendre en considération les structures locales de gouvernance et envisager les façons de les améliorer.